AMÉRINDIEN DU QUEBEC ET CANADA

AMÉRINDIEN DU QUEBEC ET CANADA

PHOTOGRAPHIE D’AMÉRINDIENS

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               JOUETS ET OBJETS DE CURIOSITÉS L’ART INNUIT

Afin de cartographier les régions du Canada encore inconnues, la Commission géologique du Canada envoya une succession d'explorateurs dans le nord du Labrador et autres régions de l'Arctique canadien à partir des années 1850.

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Portrait d’A. P. Low, 1929. Albert Peter Low fut le commandant de l'expédition du Neptune en 1903-1904.

En 1903-1904, Albert Peter Low (1861-1942), géologue expérimenté de la Commission géologique du Canada, entreprend une expédition scientifique dans l'Arctique à bord du bateau à vapeur Neptune. Il a pour mission d'explorer et de cartographier les eaux et les îles de la baie d'Hudson et les terres plus au nord afin d'affirmer l'autorité fédérale sur la région. Low remonte la côte du Labrador jusqu'au chenail Cumberland, puis il gagne Fullerton Harbour, au nord de l'inlet Chesterfield, où il passe l'hiver. Un petit détachement de la police à cheval du Nord-Ouest débarque alors pour établir le premier poste de police du nord de la baie d'Hudson.

Pendant dix mois, Low et ses scientifiques effectueront des études géologiques. Ils photographieront et consigneront des données sur les Inuits de la côte ouest de la baie d'Hudson et de l'île Southampton. L'été suivant, Low se rend plus au nord et prend possession officiellement des îles Ellesmere, Beechey et Somerset au nom du Canada.

Ces explorateurs rapportèrent des spécimens de la flore, de la faune, des pierres et des minéraux, ainsi que des objets ethnographiques acquis auprès d'Inuits habitant dans ces régions. On y retrouve de petits articles qui ressemblent à des jouets et à des répliques en miniature. Y figurent également des articles touristiques qui ont été créés spécialement pour le troc pratiqué entre les Inuits et leurs visiteurs. Les collectionneurs appellent souvent ces petits articles de troc des « objets de curiosité ».

Des commerçants de la baie d'Hudson, des missionnaires, des médecins et des officiers de la GRC ont également contribué à la présente collection. Ils ont obtenu des objets de curiosité durant leur travail dans le Nord. Alors que les médecins recevaient de petits cadeaux de patients reconnaissants, les gendarmes troquaient avec les Inuits lorsqu'ils patrouillaient les camps éloignés en traîneau à chiens ou en bateau.

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Petit phoque, 1916. Aux environs de Chesterfield Inlet, Acquis par l'anthropologue danois Christian Leden au cours de son expédition dans le Keewatin, de 1913 à 1916.

En plus d'objets de curiosité, les Inuits façonnaient des objets pour leur usage personnel, ce qui exigeait de l'adresse et une sensibilité artistique. Pour fabriquer des jeux, des amulettes et des leurres à pêche, ils sculptaient des animaux en ivoire. Aussi, ils enjolivaient et décoraient des porte-aiguilles, des peignes, des ornements pour cheveux et des boutons, et habillaient des poupées de petites filles avec des retailles de peau. Les Inuits du Cuivre décoraient les poignées d'ivoire pour sacs avec d'élégants motifs géométriques.

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(Ornement esquimau), 1880. Région de l'île Marble, côte ouest de la baie d'Hudson, Nunavut ivoire 1,5 x 3 x 2 cm.

Alors que les vêtements des Inuits ont suscité beaucoup d'intérêt chez les chercheurs, les objets de curiosité et autres objets décorés de cette période ont été grandement délaissés. Nous espérons que cette sélection de la collection du Musée encouragera davantage de recherche et d'étude dans ce secteur.

Les amulettes

La fabrication d'amulettes était l'un des modes d'expression artistique des Inuits durant la période historique. Avant l'arrivée des missionnaires, les amulettes faisaient partie de la vie quotidienne des gens.

Si l'âme humaine était considérée comme puissante et la source principale de la force de la femme et de l'homme, il y avait inévitablement des difficultés que des êtres mortels ne pouvaient résoudre seuls. Aussi, chaque Inuk était accompagné d'un esprit auxiliaire ou familier, qui lui facilitait la chasse ou autres exploits et le protégeait contre la maladie et les accidents.

Cet esprit pouvait s'incarner dans des objets portés sur les vêtements ou à l'intérieur de ceux-ci : une sculpture, une dent d'animal, une griffe, un morceau de peau ou un objet trouvé inhabituel.

D'après Boas, les types les plus communs d'amulettes étaient les plumes d'un harfang, les dents d'un ours et autres objets du genre. Pour sa part, Hawkes note : Le shaman avait souvent pour tâche, entre autres, de fabriquer des amulettes.

Dans le Labrador, une lanière de peau de phoque portée autour du poignet était une coutume presque universelle. Les pieds d'oiseaux tenaient également lieu de charmes.)

Turner soutient : Dans la région d'Ungava, certains charmes étaient portés pour repousser les attaques des esprits malveillants; d'autres servaient de souvenirs pour évoquer les parents défunts. 

Petitot, en 1876, fait mention de sculptures d'ivoire utilisées comme amulettes. Il note que les Inuits du long de la rivière Mackenzie décoraient robes et ceintures de minuscules figures d'animaux en ivoire.

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Ensemble d'amulettes, 1913-1916. Dans les environs de Chesterfield Inlet, Nunavut ivoire, tendon longueur : 15 cm .Acquis par l'anthropologue danois Christian Leden durant son expédition dans le Keewatin, de 1913 à 1916.

Même si Leden répertorie ces objets en tant que répliques en miniature d'animaux et d'anciens outils maintenant hors d'usage et peu connus, on peut présumer que de petites sculptures rattachées ensemble servaient d'amulettes avant d'être troquées. Il mentionne avoir recueilli l'ensemble auprès de la tribu des Aiviliks.

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Phoque en ivoire, 1912. Aillik Bay, près de Hopedale, Labrador ivoire 1 x 3,5 cm.  Acquis par l'anthropologue Frank Speck alors qu'il effectuait des travaux sur le terrain au Labrador.

Le trou pratiqué dans la tête du phoque indique qu'il s'agit d'une amulette, sans doute pour que la chasse aux phoques soit un succès.

Le peigne

Selon Jenness, chez les Inuits du Cuivre les peignes n'étaient pas particulièrement prisés. Bon nombre de femmes utilisaient plutôt leurs doigts, alors que celles qui en possédaient ne les utilisaient que rarement. Par ailleurs, Boas relate : Les peignes en ivoire sont très utilisés par les tribus de la côte ouest de la baie d'Hudson  La plupart des peignes modernes présentent des motifs gravés ou autres formes de décoration élaborée.

La gravure et la décoration des peignes faisaient sûrement partie des tâches attribuées aux maris chasseurs. Certains peignes ont une forme simple et sont dépourvus de parure; d'autres revêtent des formes plus recherchées et sont ornés de motifs gravés tels que des points encerclés.

Presque toutes les collections provenant des diverses régions de l'Arctique représentées dans la collection du Musée comptent des peignes. Puisque ces peignes sont passablement petits et souvent rattachés à des porte-aiguilles, il est possible qu'ils aient été utilisés dans la préparation de peaux aussi bien que pour les cheveux. Mathiassen présente plusieurs peignes dans son rapport sur la culture matérielle des Inuits d'Iglulik. Il soutient que les peignes étaient utilisés pour se coiffer et pour se débarrasser des poux. Dans certaines régions, les coiffures étaient passablement élaborées; par exemple, un chignon à l'arrière avec deux tresses croisées au-dessus des oreilles qui allaient rejoindre le chignon. Les femmes se coiffaient-elles ainsi avec des peignes aussi petits?

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Peigne, 1877? Kangiqsualujjuaq (rivière à la Baleine) ?, Nunavik ivoire 2,5 x 3,8 x 0,2 cm. Acquis par le Dr Robert Bell durant son travail sur le terrain pour le compte de la Commission géologique du Canada.

La collection du Dr Bell renferme toute une série de petits peignes élégants comme celui-ci. Les deux ouvertures dans la partie supérieure ont peut-être été conçues pour une prise plus ferme. L'utilisateur aurait pu y insérer deux doigts pour se peigner ou se débarrasser de poux.

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Peigne à cheveux, 1915. Dans les environs de Chesterfield Inlet, Nunavut ivoire, colorant noir 7,2 x 2,9 x 0,4 cm. Acquis par l'anthropologue danois Christian Leden durant son expédition dans le Keewatin, de 1913 à 1916.

Les poupées

Par le passé, les fillettes inuites âgées d'environ 10 ans confectionnaient leurs propres poupées avec l'aide d'une soeur aînée ou d'une belle-soeur.

Ces petites poupées, dépourvues de visage, étaient faites surtout de peaux et elles portaient des vêtements qu'on pouvait enlever. La poupée la plus appréciée possédait plus d'un ensemble de vêtements.

La peau de tout animal pouvait servir à la confection des poupées et de leurs vêtements : celle des chiots nouveau-nés, des siksiks, des belettes et des lemmings, ainsi que la membrane mince du cou des oiseaux.

Pour une fillette inuite, ces poupées étaient très importantes parce que, en les façonnant elle-même, elle s'initiait aux diverses techniques traditionnelles de la couture : écorcher l'animal, étirer et adoucir la fourrure, découper et coudre les peaux en vêtements.

Anaoyok Alookee, de Taloyoak.

D'abord des jouets pour fillettes, les poupées sont devenues des pièces de collection très convoitées par les visiteurs dans le Nord durant la période historique de l'art inuit. Entièrement vêtues, elles reflétaient l'habillement traditionnel d'une région donnée et servaient de modèles parfaits et de souvenirs pour cet aspect particulier de la culture matérielle inuite. Alors que les poupées fabriquées à des fins domestiques étaient de confection grossière, celles qui étaient conçues pour le troc pouvaient être passablement élaborées. Elles devraient donc être prises en considération dans toute discussion de l'art inuit historique.

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Poupée esquimaude femme avec sac), 1914. Côte est du Labrador, bois, peau de phoque, coton 28 x 11 x 2 cm.  Acquis par Ernest William Hawkes au cours d'une mission au Labrador, en 1914.

Hawkes commente ainsi les poupées qu'il a collectionnées : Elles possèdent une valeur ethnologique ajoutée car elles reflètent en miniature l'habillement d'usage dans leur région de provenance. La femme avec un sac semble presque trop parfaite pour avoir été un jouet. Aujourd'hui, on parlerait d'une sculpture souple.

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Poupée en bois, 1915. Dans les environs de Chesterfield Inlet, Nunavut bois 7 x 1,1 x 0,8 cm. Acquis par l'anthropologue danois Christian Leden au cours de son expédition dans le Keewatin de 1913 à 1916.

Cette poupée a vraisemblablement servi de mannequin qu'une fillette aurait vêtu avec les retailles de peau de caribou dont sa mère n'avait pas besoin pour sa propre couture. Elle provient de la tribu des Aiviliks.

Les portes aiguilles

Façonner des porte-aiguilles, voilà qui offrait au sculpteur inuit l'occasion d'exercer son talent d'artiste et de manifester son dévouement à l'endroit de son épouse. Ces étuis constituaient des trousses indispensables pour les travaux de couture et de raccommodage de vêtements qui occupaient sans arrêt la femme inuite. Ils revêtaient la forme d'un tube creux cylindrique ou rectangulaire renfermant un morceau de peau dans lequel on piquait les précieuses aiguilles. La pièce était attachée à un porte-dés, qui était généralement fait à partir de l'os d'une aile d'oiseau ou d'une cheville. Le tube était façonné en os ou en ivoire, et le sculpteur le décorait selon la tradition locale. Alors que les Inuits du Labrador, de la région de Baffin et de Keewatin utilisaient de l'ivoire pour construire la pièce de base, les Inuits du Cuivre se servaient de l'os de pattes de caribou.

Il est à noter que les porte-aiguilles de la côte ouest de la baie d'Hudson étaient souvent munis de plusieurs accessoires sculptés, bien que la collection du Musée n'en possède aucun exemple.

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Porte-aiguilles, 1914-1916. Région de la baie du Couronnement, Nunavut os, colorant noir  1,8 x 8,7 x 2,2 cm. Acquis par Diamond Jenness durant l'Expédition canadienne dans l'Arctique.

Cette élégante pièce de base d'un porte-aiguilles atteste le grand intérêt des Inuits du Cuivre pour la symétrie.

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Kakpik – Porte-aiguilles, 1916. Dans les environs de Chesterfield Inlet, Nunavut ivoire, tendon, peau, corne foncée 1 x 13,8 x 4,4 cm. Acquis par l'anthropologue danois Christian Leden durant son expédition dans le Keewatin, de 1913 à 1916.

Un porte-aiguilles presque identique est illustré dans le rapport de Birket-Smith sur la cinquième expédition de Thulé (vol. V).* Comme pour le porte-aiguilles de Leden, la pièce a été acquise auprès des Kenipitus, que Birket-Smith nomme Qaernimiuts. Le motif du point encerclé se retrouve sur plusieurs articles de la collection de Christian Leden, dont les peignes et les ornements de parkas.

Les leurres à pêche

Au nombre des multiples objets fabriqués pour l'usage quotidien  tels que harpons et têtes de harpons, hachettes, racloirs, chevilles, tirants et couteaux, les leurres faisaient appel à l'habileté et à l'imagination artistique du chasseur inuit. En effet, le leurre devait ressembler à un poisson pour être efficace. Les dents d'ours étaient souvent utilisées à cette fin.

Le chasseur tenait le leurre à pêche, auquel étaient habituellement attachées quelques dents amovibles, au moyen d'une ligne faite de tendon de chevreuil tressé. Debout dans la partie peu profonde de la rivière, il agitait le leurre pour capter l'attention du saumon. Lorsque le poisson s'approchait de l'appât, il le harponnait à l'aide d'un kakivak, ou foëne munie de trois crochets.

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Leurre à pêche, 1921. Inuits du Cuivre, baie du Couronnement, Nunavut dent d'ours, tendon, os  3,2 x 9,2 cm. Acquis par le capitaine Joseph F. Bernard, durant une expédition dans la baie du Couronnement sur sa goélette Teddy Bear.

Selon le style caractéristique des Inuits du Cuivre, la dent d'ours a été décorée de lignes gravées et du motif du point encerclé. L'oeil du poisson est simplement un trou perforé. Le second trou sous les petites pièces attachées servait sans doute à enfiler d'autres morceaux d'os pour simuler les nageoires du poisson.

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Leurre à pêche, 1925-1926. Kuugaruk (Pelly Bay), Nunavut os, tendon, pierre 3 x 6 x 1,3 cm. Acquis par le major Lachlan T. Burwash durant une expédition dans l'Arctique canadien pour le compte du gouvernement canadien.

Patrimoine autocthone

 L'Expédition canadienne dans l'Arctique

L'Expédition canadienne dans l'Arctique, 1913-1918, a été la première grande étude scientifique réalisée dans le Nord du Canada. Elle avait été organisée conjointement par la Commission archéologique du Canada et les Forces navales du Canada. Y participaient des spécialistes de l'anthropologie, de la biologie et des sciences de la terre. Ses mandats étaient divers. Il lui fallait d'abord explorer et cartographier la côte arctique occidentale et les îles adjacentes, puis décrire la vie quotidienne et l'habitat des personnes rencontrées, et enfin recueillir et documenter les ressources végétales, animales et géologiques de la région. Se déplaçant par bateau et traîneaux à chiens, l'équipe a subi des épreuves inimaginables, dont la perte tragique de 17 de ses membres.

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Kaiariok et sa fille Ihumatoq à Bernard Harbour, Territoires du Nord-Ouest (Nunavut)

Près de 4000 photos et 9000 pieds de film présentent les observations et les activités de l'expédition. On peut voir ici une sélection des images de la collection du Musée. Elles constituent des archives visuelles précieuses de l'Ouest de l'Arctique canadien et de ses habitants inuits au début du XXe siècle.

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Campement inuit du Cuivre près de la rivière Tree, Territoires du Nord-Ouest (Nunavut)

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Maison de neige d'Uluksoak et trois femmes inuites du Cuivre, avec des peaux de renard séchant en arrière plan, à Bernard Harbour, Territoires du Nord-Ouest (Nunavut)

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Trois hommes inuits du Cuivre avec des poissons près de Bernard Harbour, Territoires du Nord-Ouest (Nunavut)

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Kila Arnauyuk, femme inuite du Cuivre, à Bernard Harbour, Territoires du Nord-Ouest (Nunavut)

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William Beynon (1888 – 1958), un homme inlassable et talentueux, fut d'abord engagé par l'ethnographe Marius Barbeau en 1915 et travailla avec celui-ci par intermittence durant plus de quarante ans, au cours desquels il contribua largement à mieux faire connaître les Tsimshian de la côte et du sud, ainsi que les Gitskan. Bien que ne possédant pas une formation officielle en anthropologie, M. Beynon mena aussi des travaux sur le terrain au nom de plusieurs autres anthropologues et linguistes, dont l'anthropologue américain Franz Boas, du milieu à la fin des années 1930.

Né et élevé à Victoria (Colombie-Britannique), M. Beynon était le fils d'un père gallois et d'une mère Nisga'a. Même s'il fit ses études à Victoria, sa mère insista pour qu'il apprenne le tsimshian aussi bien que l'anglais. Elle lui enseigna également ses responsabilités de chef héréditaire, léguées au jeune homme par son oncle maternel. L'épouse de M. Beynon était la nièce du chef de Kitkatla et M. Beynon occupa un poste prestigieux dans la société des Tsimshians de la côte.

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Wilfred Langdon Kihn et William Beynon pêchant le saumon, Gitkinlkul (Gitanyow), Colombie-Britannique. 1924.

Engagé comme interprète par Barbeau en 1915, il occupa tôt un poste de confiance. Formé par Barbeau à écrire le tsimshian au moyen d'un système phonétique mis au point par Edward Sapir, il excellait à enregistrer et à traduire les mythes et le texte de chansons. En 1916, il menait déjà des travaux sur le terrain de manière autonome, au nom du Musée. Pour assurer sa subsistance, il travailla souvent dans les industries de la pêche et de la mise en conserve pendant les mois d'été, et poursuivit ses recherches le reste de l'année. Dans la mesure où les fonds du Musée le permettaient, il continua à travailler avec Barbeau presque jusqu'à sa mort en 1958, organisant des expéditions dans les villages côtiers et de l'intérieur, interrogeant des informateurs ainsi que des témoins visuels de festins, de rituels et de cérémonies, et traduisant et interprétant une grande variété d'histoires et de mythes familiaux des Tsimshians.

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Photographie prise à Kitkatla à l'occasion de l'investiture d'un nouveau chef Tsimshian suite au décès du chef de la maison de Séks, avril 1919.

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Photographie du campement de Marius Barbeau en 1929, sur la rive nord du Lava Lake, Cassiar, Colombie Britannique. On distingue William Beynon en arrière plan.

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William Beynon, 1947

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Enfants Inuits à cap Fullerton, Territoires du Nord-Ouest (Nunavut)

Plusieurs années plus tard, Low est nommé directeur de la Commission géologique. Son ouvrage intitulé The Cruise of the Neptune, publié en 1906, documente les populations, la géologie et la géographie observées au cours de ce périple.

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Père Jean-Marie Mouchet

Né en France en 1917, le père Jean-Marie Mouchet est membre de l'ordre des Oblats. Il a appartenu à la Résistance française et a survécu aux camps de concentration. Il arrive au Canada en 1946, puis s'installe au Yukon dans les années 50.

Le père Mouchet, constatant que les peuples des Premières nations renonçaient au nomadisme, encouragea ceux-ci à renouer avec la puissance de leurs corps et à raviver leurs liens avec le territoire. Plutôt que de les évangéliser, il leur montra à skier.

Persuadé que l'effort physique participe à l'épanouissement de la personne et au sentiment de confiance en soi, il créé le programme Territorial Experimental Ski Training (TEST). Grâce à ce programme, des skieurs Vuntut Gwitchin d'Old Crow sont devenus champions olympiques.

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Mary et Louise Frost, jeunes filles d'appartenance gwitch'in (kutchine), Old Crow, Yukon

En 1993, il a reçu l'Ordre du Canada pour un demi-siècle d'action dévouée auprès des peuples du Nord. Une de ses importantes contributions fut la mise en œuvre du programme Territorial Experimental Ski Training à Old Crow et à Inuvik.

En 2001, à 84 ans, le père Mouchet est retourné à Old Crow pour travailler, en collaboration avec la communauté, à la mise en place d'un autre programme de ski pour les jeunes.

La collection des archives du Musée canadien des civilisations comprend les 159 photos du peuple Vuntut Gwitchin prises à Old Crow par le père Mouchet dans les années 60. Ce dernier a donné ses diapositives au Musée pour faciliter la consultation et la préservation de ces images qui témoignent, pour les générations présentes et futures, et en particulier pour le peuple Vuntut Gwitchin, du mode de vie traditionnel à Old Crow au Yukon

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Groupe d'adolescents d'appartenance gwitch'in (kutchine) s'apprêtant à skier à Old Crow, Yukon

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Peter Pitseolak (1902-1973) est un artiste inuit, un historien et un pionnier de la photographie. Il vécu presque toute sa vie dans des campements traditionnels près de Cape Dorset (Kingait) sur la côte sud-ouest de l'île de Baffin, aujourd'hui le Nunavut.

Au cours de son existence, le Nord a subi de profond changements sociaux où la vie nomade a été remplacée par la vie sédentaire; le système d'appartenance familiale par le numéros d'assurance sociale; le kayak par la motoneige et le harpon par la carabine.

Redoutant de voir le savoir traditionnel les techniques de chasse, les histoires et les mythes oublié dans deux ou trois générations, Pitseolak s'est servi de la caméra pour documenter un mode de vie en voie de disparition.

Prises par un des leurs, les photos de Pitseolak offrent une perspective unique du peuple Inuit. Ses clichés le représentent lui, ses amis et sa famille dans des situations réelles, ce qui permet d'éviter les stéréotypes qu'auraient pu y percevoir le regard d'un Blanc. Il orchestrait parfois de petites mises en scènes en demandant à son sujet de porter les habits traditionnels et les armes de chasse d'une autre époque. C'était sa façon de transmettre les techniques ancestrales comme la pêche ou la trappe aux générations à venir.

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Aggeok et Udluriak Pitseolak avec Mark Tapungai et Petalassie

En 1912, Pitseolak rencontra le cinéaste Robert Flaherty. Celui-ci, un photographe qui réalisa ensuite le célèbre film Nanook of the North (1922), est à l'origine de l'intérêt de Pitseolak pour la photographie.

En 1923, Pitseolak se maria avec Annie de Kimmirut (autrefois Lake Harbour). Le couple eut sept enfants dont seules deux filles, Udluriak et Kooyoo survécurent. Annie mourut en 1939 de la tuberculose.

En 1941, Pitseolak s'installa avec Aggeok, qui sera sa compagne tout au long de cette nouvelle période de sa vie où il sera à la fois chef de camp, photographe et historien.

Pitseolak prit des photos spontanées d'Aggeok avec son amauti traditionnel, de ses enfants et des membres de sa communauté. À la maison, avec l'aide d'Aggeok, il expérimenta différentes techniques de développement et d'impression. Le travail dans une habitation permanente était beaucoup plus facile quand on pense qu'ils ont conduit leurs premières expériences de développement de photos dans un igloo pendant les expéditions de chasse, ou sous le quarmak (une grande tente soutenue par une structure de bois). Toutefois, même à l'abri dans une hutte en bois, développer des photos dans le Nord n'est pas une mince affaire. Les changements extrêmes de température et la lumière intense reflétée par la neige compliquent la tâche. Sans compter qu'il n'était pas facile de se procurer la pellicule, ni les produits chimiques nécessaires à l'opération. Ils ont néanmoins trouvé d'ingénieuses solutions pour remédier à ces problèmes techniques. Par exemple, ils ont fabriqué un filtre de lentille à l'aide d'une vielle paire de lunettes fumées, ou encore ils ont développé des photos à l'aide d'une lampe de poche recouverte d'un tissu rouge.

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Au cours des années 50, un nombre grandissant d'administrateurs du gouvernement ont afflués vers le nord amenant avec eux des nouvelles technologies : l'avion, l'hélicoptère, la motoneige, le moteur diésel, les génératrices, le logement permanent, les magasins d'alimentation, les vêtements modernes, ont transformé pour toujours la vie des gens. À force d'inciter la population inuite à s'installer dans les villages érigés par le gouvernement canadien, les campements traditionnels se sont mis à disparaître. En 1961, à 59 ans, Pitseolak quitte son campement à Keatuk et reprend son mode de vie sédentaire dans le village de Cape Dorset.

Pitseolak a raconté l'histoire de la vie inuite d'un point de vue Inuit. Son travail a servi, d'une part, à documenter les traditions inuites en voie de disparition grâce à ses clichés, à ses récits d'histoire orale et à ses archives. D'autre part, il constitue un des rares comptes-rendus directs qui témoigne d'une période de changements extrêmes dans la vie culturelle, sociale et économique de cette population.

Les photos qui sont présentées ici ne représentent qu'un petit échantillon de l'immense collection de Peter Pitseolak. Sa vie durant, il a pris plus de 2000 photos. Son travail lui a permis de dresser un portrait authentique de sa communauté de Seekooseelak.

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Mark Tapungai près d'un igloo

Famille de Peter Pitseolak:

Grand-père : Etidluie Grand-mère : Ekahalook Père : Inukjuarjuk Mère : Kooyoo Frères et soeurs: Nee, Echalook Joanasee, Annie, Paulasie, Pootoogook, Eetoolook, Pee.

Première épouse : Annie de Kimmirut (anciennement Lake Harbour) marié en 1923. Ils eurent sept enfants, mais que deux filles ont survécu ; Udluriak et Kooyoo. Annie est décédée en 1939 de la tuberculose.

Deuxième épouse : Aggeok (1906-1977)

Enfants : Udluriak (Manning), Kooyoo (Ottochie), Mary (sa fille avec Nyla deLake Harbour), Ashevak Ezekiel (fils d'Aggeok d'un autre marriage).

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Edward Sapir (1884 – 1939), ethnologue et linguiste d'origine allemande, a été engagé en 1910 pour diriger la nouvelle Division d'anthropologie à la Commission géologique du Canada (CGC) (aujourd'hui une partie du Musée canadien des civilisations). Un des plus brillants étudiants du pionnier de l'anthropologie Franz Boas, Sapir, méticuleux et très cultivé, s'est adapté à merveille la politique en usage à la Commission : une recherche originale précise basée sur le travail sur le terrain. Trois semaines après son arrivée à la CGC, il se trouvait sur l'île de Vancouver pour entamer un programme de travail sur le terrain avec les Nuu-chah-nulth (Nootka), qui devait durer trois mois et devint une étude de grande envergure échelonnée sur quatre ans.

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Carte représentant la classification par Edward Sapir des groupes linguistiques de l'Amérique du Nord, 1921.

Sapir était un homme énergique et vaillant, de sorte que la Division d'anthropologie n'a pas tardé à s'épanouir sous sa direction. En quelques courtes années, son effectif est passé d'une seule personne (Sapir lui-même) à un personnel dynamique à plein temps, complété par des spécialistes saisonniers exécutant des travaux systématiques sur le terrain, dans tout le pays, en ethnologie, en linguistique, en archéologie et en anthropologie physique. La Division avait pour objectif de recueillir des renseignements détaillés et fiables sur les cultures et les langues des Premiers Peuples du Canada, et de mener des études connexes en archéologie et en anthropologie physique. En 1910, Sapir a établi une nouvelle classification fondée sur le concept anthropologique de zone culturelle. On a préparé des expositions pour une nouvelle salle d'Anthropologie, aménagée en 1912, et lancé des programmes publics notamment de conférences.

Pendant son mandat de 15 ans à la Commission géologique du Canada, Sapir a engagé plusieurs anthropologues qui ont plus tard largement contribué à enregistrer le style de vie, les coutumes et les conceptions des Autochtones canadiens. Il y a eu notamment Marius Barbeau, un ethnologue prolifique également féru de folklore; l'archéologue américain Harlan Smith; Diamond Jenness, un des deux ethnologues employés pour diriger une expédition commanditée par le Canada dans l'Arctique; le spécialiste en anthropologie physique Francis H.S. Knowles; William Wintemberg, spécialiste de la préhistoire iroquoise; Frederick Waugh; ainsi que James Teit, un collaborateur important de Franz Boaz.

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Marius Barbeau, Mme Florence Delson Sapir, Edward Sapir et Mme Marie Ernestine (Larocque) Barbeau, Ottawa, avril 1919.

En plus d'exercer ses tâches administratives, Sapir a aussi mené d'autres recherches sur les langues en usage dans le bassin du fleuve Mackenzie et le nord de la Colombie-Britannique; il a fini par les relier à deux langues, apparemment dissemblables, de la côte du Pacifique, celles des Haida et des Tlingit. Il s'est aussi intéressé à la philosophie et à la psychologie et il a publié des poèmes dans des revues comme New Republic, Nation et Poetry.

Sapir a poursuivi ses études linguistiques comme professeur d'anthropologie et de linguistique, successivement à l'University of Chicago en 1925 puis à la Yale University. Cet érudit linguistique, l'un des plus grands de son époque, mourut en 1939, à l'âge de 55 ans.

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Représentations graphiques de peintures faciales Nuu-chah-nulth (Nootka). Dessins de Douglas Thomas, Alberni, Colombie-Britannique, février 1914.

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Harlan Ingersoll Smith est né à Saginaw, Michigan, en 1872. Il était inscrit à l'université du Michigan avant d'entreprendre sa carrière en archéologie. Essentiellement autodidacte, Smith a néanmoins acquis une solide expérience pratique en travaillant au American Museum of Natural History. C'est à ce moment qu'il a participé en tant qu'archéologue à l'expédition Jessup dans le Pacifique Nord, de 1897 à 1899.

En 1911, Harlan I. Smith se joint à la Commission géologique du Canada comme chef de sa division de l'archéologie. Cette unité, avec la division de l'ethnographie, a évolué au fil du temps pour devenir l'actuel Musée canadien des civilisations. Ses premières années d'archéologue à la CGC, Smith les a consacrées à la fouille et à la recherche de sites archéologiques potentiels dans l'est du Canada, en Ontario et en Colombie-Britannique. En 1920, il a commencé dans la vallée de Bella Coola, en Colombie-Britannique, un travail ethnographique qui durera plusieurs années. Bien qu'il dirigeait des recherches archéologiques, son centre d'intérêt visait la documentation des usages traditionnels des plantes et des animaux, l'organisation sociale et les traditions culturelles des peuples Nuxalk, Dakelh-ne et Chilcotin.

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Groupe de gens devant la maison Nusmata et la maison Cleleman dans l'ancien village de Komkots, Colombie-Britannique

Mis à part la cartographie archéologique et la création d'un inventaire impressionnant de sites archéologiques au Canada, Harlan I. Smith a été un pionnier dans la production de films ethnographiques, la photographie anthropologique et l'éducation muséale. Smith était unique en son temps en ce sens qu'il s'assurait que les personnes photographiées reçoivent une copie de leur portrait. Il a gardé des notes détaillées pour ses photographies, incluant de l'information sur le sujet, la date, le lieu et, souvent, l'angle de l'appareil photos. Ces images et l'information qui les accompagne constituent une mine inestimable pour les chercheurs qui s'en servent toujours. Harlan I. Smith est décédé à Ottawa, en 1940.

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La collection Wallis

En 1974, Mme Montminy, archiviste en chef de la Division de l'ethnologie du Musée canadien de l'homme, a écrit à Wilson D. Wallis pour lui demander  son aide pour assortir adéquatement le matériel qu'il avait déposé aux archives.

Ruth Sawtell Wallis a indiqué à Mme Montminy que Wilson Dallam Wallis était décédé le 15 mars 1970. Cependant, elle a ajouté qu'en tant que veuve de Wilson Wallis, anthropologue elle-même et sa compagne pendant ses quatre derniers étés passés au milieu des Indiens du Canada, elle était compétente pour répondre favorablement à la demande.

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James Teit (1864-1922) est né sur les îles Shetland en Écosse et il émigra au Canada alors qu'il n'était encore qu'un tout jeune homme. Il s'installa éventuellement à Spences Bridge en Colombie-Britannique où il épousa une femme Nlaka'pamux du nom de Lucy Artko. Au moment où elle mourut en 1914, Teit s'était imprégné du mode de vie et des traditions des Nlaka'pamux.

Teit fut embauché par l'anthropologue Franz Boas vers la fin du dix-neuvième siècle afin de procéder à des opérations de collecte et de recherche lors de l'expédition Jesup réalisée pour l'American Museum of Natural History (1897-1902). L'expédition Jesup avait pour but d'étudier les liens culturels, linguistiques et biologiques entre les peuples indigènes des régions du Pacifique nord d'Amérique et d'Asie. L' American Museum of Natural History (AMNH) a publié une part importante des travaux de recherche effectués par Teit et amassé la majeure partie de sa collection d'objets des Salish de l'intérieur. En 1911, Edward Sapir de la Commission géologique du Canada, maintenant devenue le Musée canadien des civilisations, a également fait appel à Teit pour mettre sur pied ses collections d'objets, de pièces sonores et de photos. Les compressions budgétaires du gouvernement à la fin de la Première Guerre mondiale ont coupé court à l'emploi de Teit au sein de la Commission.

Teit a collectionné des milliers d'objets destinés à divers musées, dont la plupart qu'il a achetés ou recueillis ont été confiés à quatre institutions, soit l'American Museum of Natural History, le Musée canadien des civilisations, le Peabody Harvard Museum et le Royal British Columbia Museum. L'œuvre photographique de James Teit a été consignée dans une publication de la série Mercury intitulée The Interior Salish Tribes of British Columbia: A Photographic Collection (1987) éditée par Leslie Tepper.

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Mme Montminy et Ruth Wallis ont échangé de la correspondance pendant quelques années. Éventuellement, Ruth Wallis a légué ses notes et ses photographies prises lors de travaux de recherche sur le terrain parmi les Dakotas canadiens (principalement à Sioux Valley, au Manitoba), lors des années 50.

La contribution de Wilson Wallis consiste en notes ethnographiques prises sur place, en photos et en culture matérielle, entre autres des sacs de guérisseur, des pipes et d'autres articles. En plus de ses recherches dans les années cinquante, Wilson Wallis avait réalisé auparavant des recherches chez les Dakotas canadiens (principalement à Sioux Valley et Dakota Tipi) en 1914-15 et chez les Micmacs-Malécites (1911-1912).

La collection de photos de Wilson et Ruth Wallis inclut de nombreuses photos de femmes et d'enfants dakotas de Sioux Valley. Les personnes que les Wallis ont photographiées ont traversé toute une vie depuis que ces photos ont été prises et elles ont apporté des contributions importantes à leur collectivité et à la société canadienne.

On remarque une photographie d'une jeune Mary Hall Duta (voir PR2005-201) qui porte son fils Ron. Mary est une Aînée très respectés qui, entre autres réalisations, a aidé de nombreux étudiants, au cours des années, alors qu'elle était conseillère culturelle à l'Université de Brandon, au Manitoba.

Nous sommes reconnaissants pour les travaux de Wilson Dallam Wallis et de Ruth Sawtell Wallis. Grâce aux efforts du Musée canadien des civilisations, les membres de la nation Dakota de Sioux et du public ont maintenant la possibilité de voir cette collection de photographies. Docteur Mark F. Ruml Professeur adjoint, Études religieuses Université de Winnipeg

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Frederick Wilkerson Waugh est né le 14 avril 1872 à Langford Ontario, non loin de Grand River et de la réserve haudenosaunee iroquoise des Six-Nations. Vivement intéressé par la technologie, la linguistique et l'ethnologie, il entreprend à temps perdu des enquêtes ethnologiques à la réserve des Six-Nations et à Manitoulin Island. Il combine alors ses recherches à son travail comme éditeur du The Furniture Journal de Toronto.

En août 1911, il entreprend une correspondance avec Edward Sapir, chef de la division d'anthropologie, où il décrit son travail. Sapir s'intéresse alors à ses travaux et lui offre un premier contrat à la fin décembre 1911 pour étudier la technologie haudenosaunee iroquoise.

À la mi-juillet 1913, Waugh entre officiellement à l'emploi de la division d'anthropologie de Commission géologique du Canada à titre de préparateur des collections. En décembre 1919, il est promu assistant ethnologue puis vers 1923 ethnologue associé, poste qu'il occupera jusqu’à sa mystérieuse disparition à la fin septembre 1924.

Au cours de sa carrière à la division d'anthropologie, Frederick Waugh entreprendra de nombreuses enquêtes chez divers groupes amérindiens de l'est du Canada. De 1911 à 1915 de même qu'en 1918, Waugh consacre ses efforts chez les Haudenosaunee [roquois principalement des Six-Nations mais aussi de Kahnawake Caughnawaga.

En 1916, 1919 et 1920, on le retrouve chez les Anishnaabe Saulteux de Long Lake, de Nipigon, et du Lac Seul ainsi que chez les Odawa de Manitoulin Island. Enfin au cours des années 1921 à 1924, Waugh s'intéressera aux Innu Naskapi, aux Inuits de la côte du Labrador de même qu'aux Innu Montagnais de la côte nord du St.-Laurent.

Bien que Waugh n'ait jamais œuvré dans l'ouest du Canada, il profitera en mai 1916 de la visite de chefs amérindiens de la Colombie-Britannique pour étudier les jeux de ficelle chez les Stl'atl'imx Lillooet, Ktunaxa Kootenay, Okanagan et Nlaka'pamux Thompson.

Les recherches de Waugh porteront sur la culture matérielle (technologie), la nourriture, la médecine, les rites, la mythologie et l'ethnobotanie. Frederick Waugh a peu publié mais a laissé de nombreux carnets de terrains et notes de recherches, des manuscrits, des photographies de même qu'une partie de sa correspondance professionnelle. 



16/11/2013
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