AMÉRINDIEN DU QUEBEC ET CANADA

AMÉRINDIEN DU QUEBEC ET CANADA

LE MODE DE VIE DES PIEDS NOIRS

La nourriture : l'importance de la conservation

La viande rapportée au camp était traitée le plus rapidement possible et préparée pour la cuisson ou la conservation. Le principal moyen employé par les Pieds-Noirs pour préserver la viande était le séchage. Pour ce faire, ils la coupaient en fines lanières, qu'ils suspendaient ensuite au soleil. Ils entreposaient la viande séchée dans des contenants de cuir, auxquels ils ajoutaient de la menthe séchée pour éloigner les insectes. À l'automne, ils mélangeaient également des fruits sauvages déshydratés à la viande séchée et ils broyaient cette préparation à l'aide d'un maillet de pierre. Ils y incorporaient ensuite de la graisse pour obtenir le moki-maani (pemmican). Le moki-maani permettait souvent d'éviter la famine au cours de l'hiver.

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Cuillère; des Plaines; années 1940, corne de bison, 33 cm (longueur) x 6,5 cm (largeur)

L'éducation des enfants : une responsabilité partagée

Suivant la tradition, les Pieds-Noirs campaient regroupés en clans, et toutes les femmes prenaient soin des nouveau-nés. Quelques mois après la naissance, les parents consultaient un adulte respecté pour qu'il nomme leur enfant. Ce nom, qui reflétait les accomplissements de la personne respectée, était censé attirer sur l'enfant le bonheur et la réussite. Les Pieds-Noirs nomment toujours leurs enfants de cette façon.

Les Pieds-Noirs surveillaient l'évolution de leurs enfants avec attention et patience. Les enfants avaient la possibilité de développer leurs habiletés naturelles sans trop d'entraves. Lorsque qu'ils se conduisaient mal, ils étaient réprimandés par leurs oncles et leurs tantes. Les punitions corporelles étaient rares; on n'y avait recours que si les autres moyens s'étaient montrés inefficaces.

Les tipis : des abris idéaux dans les Prairies

Parfaitement adaptés au climat venteux des Prairies, les tipis pouvaient servir d'abris, d'endroits pour dormir et de lieux de cérémonie. Ils étaient faciles à transporter. Les Pieds-Noirs se servaient de travois faits de pin tordu et de saule pour les déplacer. Les tipis étaient traditionnellement fabriqués avec des peaux, jusqu'à ce qu'on commence à les confectionner avec de la toile. Les images fascinantes qui ornent les tipis sont beaucoup plus que de simples décorations : elles servent à unir les gens avec les Êtres célestes. L'obtention du droit d'utiliser ces symboles est un privilège, et il doit faire l'objet d'une cérémonie formelle.

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Campement de Gens-du-Sang près de Lethbridge (Alberta), sans date

Les hommes et les femmes : cohabitation et collaboration

Les histoires anciennes des Pieds-Noirs décrivent les rôles différents mais complémentaires qu'assumaient les hommes et les femmes dans cette société. Le respect et le soutien mutuels constituaient pour les hommes et les femmes des valeurs très importantes, car ils comprenaient à quel point ils avaient besoin l'un de l'autre pour survivre. Les hommes quittaient fréquemment le camp pour aller chasser ou défendre le territoire, tandis que les femmes s'occupaient principalement du camp. Elles y accomplissaient des tâches essentielles telles que la préparation de la viande séchée, le tannage des peaux et la confection des vêtements et des revêtements de tipis.

Le bison : chasser pour survivre

Les Pieds-Noirs chassaient fréquemment le bison – les bêtes solitaires autant que les petits troupeaux – qu'ils encerclaient en silence avant de les abattre. Jadis, le pisskan, ou le précipice à bisons, constituait aussi une méthode de chasse très importante. Les hommes attiraient les troupeaux vers une falaise abrupte et tuaient ainsi des centaines de bêtes à la fois. Le pisskan était complexe, difficile et dangereux. Il exigeait une bonne coordination et la participation de plusieurs clans.

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Selle; des Plaines; fin des années 1800, bois, babiche, cuir brut, boutons de laiton, daim, acier, cuir, ramure de cervidé, 31 cm (hauteur) x 43,5 cm (longueur) x 27 cm (largeur)

La vie spirituelle : tout est sacré

Aux yeux des Pieds-Noirs, tout ce qui les entoure est sacré. Il est donc essentiel pour eux de reconnaître la présence du Créateur et des Êtres spirituels. Chaque année, tous les clans de Pieds-Noirs se réunissent à l'occasion d'un rassemblement appelé ako katssin (l'époque du campement collectif), afin de raffermir leur lien avec l'univers. Ce rassemblement peut durer jusqu'à trois semaines. Son point culminant est l'ookaan, une cérémonie au cours de laquelle les individus renouvellent leur union avec Natosi, le soleil et source de vie.

Ce rassemblement est aussi l'occasion pour les membres des Sociétés sacrées de se réunir et de procéder à des cérémonies, afin de se remémorer la façon dont les Ballots sacrés et les rituels ont été transmis aux Pieds-Noirs. Les Ballots sacrés contiennent des objets offerts aux Pieds-Noirs par les Êtres spirituels. On s'en sert dans les cérémonies pour raffermir les liens avec les Êtres spirituels et le Créateur et pour demander de l'aide. Les Ballots sacrés et les cérémonies doivent demeurer privés.

Les danses sociales : du petit rassemblement au pow-wow

La danse a toujours occupé une place importante dans la vie sociale des Pieds-Noirs. Ils se réunissaient souvent dans une résidence pour pratiquer la danse ronde, la danse du hibou ou la danse du serpent. Lors des grandes occasions, ils se rassemblaient parfois dans des salles communautaires. Aujourd'hui, les Pieds-Noirs pratiquent surtout leurs danses dans les pow-wow. Ces fêtes modernes regroupent des personnes de diverses nations qui viennent commémorer leur patrimoine autochtone par la danse, la musique et le chant. Les types de danses pratiqués aujourd'hui proviennent de diverses régions de l'Amérique du Nord. La danse buckskin, réservée aux hommes, la danse traditionnelle des femmes, de même que la danse du  poulet, sont toutes originaires du territoire des Pieds-Noirs.

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Groupes de Pieds-Noirs durant la visite royale de 1901

LA PÊCHE CHEZ LES AUTOCTHONES

DU CANADA ATLANTIQUE

Dans le Canada atlantique vivent aujourd'hui plus de 50 000 personnes d'ascendance autochtone. Ces Premières nations sont :

Les Mi'kmaqs du Nouveau-Brunswick, de Nouvelle-Écosse, d'Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve; - les Malécites de l'ouest du Nouveau-Brunswick, et leurs proches parents, les Passamaquoddys du sud du Nouveau-Brunswick et de l'est du   Maine; - les Montagnais/Naskapis ou Innus du sud-est du Québec et du sud du Labrador.

La population actuelle se compare à environ 15 à 20 000 personnes à l'époque des premiers contacts avec des Européens, aux XVIe et XVIIe siècles.

L'archéologie nous apprend que des Autochtones vivent dans les provinces maritimes du Canada depuis au moins 11 000 ans, dans le Labrador depuis plus de 9000 ans, et dans l'île de Terre-Neuve depuis au moins 6 à 7000 ans,et probablement davantage.

Tout au long de leur histoire, les peuples autochtones ont dépendu des riches ressources marines de la région pour leur survie. Leur connaissance intime de l'environnement, ainsi que leur maîtrise de techniques de pêche et de chasse et d'autres technologies, leur permettaient d'exploiter avec succès les ressources nombreuses et diverses de la région sur terre et dans la mer, les cours d'eau et les lacs.

LA PÊCHE CHEZ LES AUTOCTHONES

 DU CANADA ATLANTIQUE

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Bien que chaque communauté autochtone eût son caractère distinctif, elles partagèrent savoir et techniques au long de centaines de générations. Aujourd'hui, nous connaissons des peuples anciens grâce à des traditions orales, des documents historiques et particulièrement pour la longue période de 11 000 ans, antérieure aux contacts avec les Européens, des témoignages archéologiques. Ces interprétations reposent souvent sur des déductions et des spéculations sur la base de données limitées ou incomplètes. Ce sont néanmoins nos seules fenêtres sur le passé.

Une définition de la pêche

La pêche est traitée ici dans son sens le plus large comme étant l'exploitation de toutes les ressources marines et en eaux douces. S'y trouve incluses la chasse aux mammifères marins tels que le phoque et le morse, et même la cueillette de coquillages, aliment de base important pour de nombreuses communautés côtières.

La pêche était une activité à laquelle les peuples autochtones se livraient toute l'année, et, à l'époque historique, les peuples des Maritimes suivaient des modes saisonniers souvent liés à la présence de poissons spécifiques.

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Carte du Canada Atlantique il y a 11 000 ans montrant les effets de la glaciation sur la côte. Le niveau de la mer à cette époque était d'au moins 60 mètres sous celui des côtes d'aujourd'hui. La couleur verte sur l'illustration indique des terres aujourd'hui submergées.

Le paysage atlantique d'un lointain passé

Le Canada atlantique d'aujourd'hui est très différent de ce qu'ont connu les premiers Autochtones juste après la fin de la dernière période glaciaire, il y a environ 11 000 ans. On croit souvent que les changements majeurs du paysage sont un phénomène ancien, associé aux premiers stades de la formation de la croûte terrestre. Cependant, du point de vue géologique, les périodes de glaciation sont un phénomène très récent. La dernière période glaciaire a duré d'il y a 25 000 à 15 000 ans et a eu une influence profonde sur notre géographie d'aujourd'hui.

Les géologues marins et d'autres spécialistes ont pu reconstituer le paysage en évolution du Canada atlantique. La plus récente période de glaciation, ou période glaciaire, a pris fin il y a environ 15 000 ans, époque où des gens vivaient dans des régions plus chaudes, plus au sud. Il y a de 11 à 12 000 ans, les glaciers s'étaient retirés de la plus grande partie des Maritimes et s'étendaient au nord du golfe du Saint-Laurent. Le climat de cette époque était beaucoup plus frais que celui d'aujourd'hui et la terre évoquait beaucoup la toundra dépourvue d'arbres du nord du Canada aujourd'hui.

Les premiers témoignages de pêche

On a pêché dès les temps anciens. Des têtes de harpon en pierre vieilles de 9 à 10 000 ans ont été trouvées dans l'Île-du-Prince-Édouard et dans les îles de la Madeleine. Elles constituent les premiers indices de l'exploitation par des peuples côtiers anciens des ressources marines du Canada atlantique. Ces têtes de harpon servaient probablement à tuer le morse, le phoque et d'autres mammifères marins.

On croit que des descendants de ces premiers pêcheurs chassaient déjà il y a 9000 ans le long de la côte québécoise du golfe du Saint-Laurent et sur la côte adjacente du sud du Labrador.

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Différents spécimens de pointes de lance en pierre de la côte nord de l'Île du Prince Édouard datant peut-être d'il y a 9 à 10 000 ans. Les pointes de ce genre étaient fixées aux extrémités des armes de chasse pour la chasse au phoque, au morse et aux mammifères terrestres.

 Une technologie ancienne de chasse aux mammifères marins

À L'Anse Amour (Labrador), des archéologues ont découvert un monticule unique de pierres datant d'il y a plus de 7500 ans. Les restes d'un jeune adolescent étaient profondément enfouis sous ce monticule. Était ensevelis avec lui tout un éventail d'outils de chasse et de pêche; une défense de morse et une tête de harpon en os se trouvaient parmi eux. Cela a donné à penser aux archéologues que ce garçon est peut-être mort lors d'une chasse au morse.

La tête de harpon distinctive en os est l'un des premiers spécimens de technologie de harpons à tête détachable connus en Amérique du Nord, ce qui suggère une longue tradition et une connaissance de la chasse aux mammifères marins. Le harpon à tête détachable est une technique sophistiquée adaptée à la chasse aux mammifères marins. La tête se détache du harpon, mais une fois enfoncée dans l'animal elle tourne sur elle-même et reste attachée à une ligne récupérable, ce qui empêche la proie de s'échapper ou de couler.

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La pêche sur la côte et au large

Les eaux côtières et de haute mer du Canada atlantique sont caractérisées par les côtes accidentées et rocheuses de Terre-Neuve et du Labrador et les rivages plus doux et les plages de sable du sud du golfe du Saint-Laurent. Ces côtes et ces eaux offrent des habitats extrêmement divers pour tout un éventail de mammifères marins, dont des baleines petites et grandes, des marsouins et des phoques.

Les îles au large attirent aussi en grand nombre des oiseaux aquatiques et des mammifères marins, le phoque du Groenland étant l'un des plus importants à y migrer. À la fin de l'hiver et au début du printemps, ils descendent de l'Arctique sur des packs, jusqu'au golfe du Saint-Laurent.
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Principaux artefacts constituant des offrandes funéraires trouvés dans le monticule funéraire. On peut voir (dans le sens des aiguilles d'une montre) : une pointe de lance en os, un andouiller de caribou, un harpon à tête détachable, une hampe de lance en os, une tête détachable ou un ornement en ivoire de morse, et une lame de hache en ivoire de morse.

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La tête de harpon détachable était une pointe de lance complexe spécifiquement conçue pour la chasse aux mammifères marins. Le spécimen de L'Anse Amour est l'un des plus anciens retrouvés en Amérique du Nord.

La chasse aux mammifères marins Les témoignages archéologiques provenant de la côte et des lacs et cours d'eau de l'intérieur de Terre-Neuve et du Labrador sont particulièrement riches pour la période d'il y a 4500 à 1500 ans. Les gens qui vivaient alors dans cette région sont appelés Dorsétiens.

À Port au Choix (Terre-Neuve), des vestiges archéologiques exhumés dans différents sites de villages et plusieurs cimetières montrent que, pendant plusieurs milliers d'années, cet endroit fut un populaire lieu de pêche et de chasse aux mammifères marins pour les Dorsétiens et des peuples ayant vécu antérieurement dans les Maritimes.

Un large éventail d'objets utilitaires et ornementaux bien préservés témoigne d'une vie étroitement liée à la mer. Les anciens possédaient des outils élaborés de pêche et de chasse aux mammifères marins leur permettant d'exploiter les ressources marines du rivage et du large. Ils savaient aussi comment parcourir de longues distances.

Le morse de l'Atlantique était autrefois abondant, mais il se fait aujourd'hui remarquer par son absence dans les eaux côtières de l'Est. Au Canada, on ne le trouve plus que sur les côtes de l'Arctique.

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Vue aérienne de la localité de Port au Choix, sur le détroit de Belle Isle, le long de la côte nord-ouest de Terre-Neuve. C'était un lieu important de chasse au phoque pour les peuples de l'Archaïque Maritime (il y a 4000 ans) et plus tard pour les Dorsétiens (d'il y a 2000 à 1500 ans). (Département des services gouvernementaux et terres, Gouvernement de Terre-Neuve et du Labrador.

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Dès les temps les plus anciens, le morse a été une importante source de nourriture et d'huile. On le prisait aussi pour son ivoire et ses os, dont on faisait des outils et des ornements, et pour sa peau solide aux nombreux usages. Dans un site archéologique découvert tout récemment dans la région de Tantramar, en Nouvelle-Écosse, des restes de morse ont été trouvés avec un grand nombre de poids ou de plombs à pêche datant d'il y a environ 3500 ans.

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Outils exhumés sur le site Curtis vieux de 3700 ans, à Twillingate (Terre-Neuve). Différents genres d'outils pour le travail du bois, comme la gouge et l'herminette (figures 1 et 2) servaient à creuser et à façonner les pirogues.

Nous ne pouvons que spéculer sur le moment où l'on a créé les premières embarcations. De nombreux archéologues croient qu'il y a 11 000 ans, les peuples les plus anciens du Canada atlantique connaissaient dans une certaine mesure le transport sur eau. Parmi les embarcations anciennes que l'on trouve ailleurs dans le monde figurent des bateaux recouverts de peau et d'écorce, des bateaux en roseaux, des radeaux et des pirogues creusées dans des rondins, et les archéologues croient que des embarcations semblables existaient aussi dans le Canada atlantique.

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Les canots maritimes mi'kmaqs à la forme particulière étaient très bien adaptés à la navigation sur les eaux libres avec leur proue, leur poupe et leurs plats-bords hauts et arrondis.

De lourds instruments de travail du bois vieux de quatre mille ans trouvés à Port au Choix (Terre-Neuve), et dans un site semblable de Twillingate (Terre-Neuve), servaient probablement à construire des pirogues. La plupart des types d'embarcations, dont les bateaux en peau de caribou et de morse, ont existé jusqu'à l'époque historique, mais on soupçonne que l'embarcation la plus efficace, le canot d'écorce, a été créée il y a environ 3000-3500 ans. La disparition il y a environ 3500 ans de la gouge utilisée pour évider les rondins vient confirmer cette théorie.

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Photo du début du XXe siècle montrant comment on garantissait l'étanchéité des coutures d'un canot mi'kmaq à Burnt Church (Nouveau-Brunswick).

Les Mi'kmaqs, les Beothuks de Terre-Neuve et les Malécites/Passamoquoddys utilisaient tous une variante ou l'autre du canot en écorce de bouleau.

Les Mi'kmaqs conçurent plusieurs styles d'embarcations en écorce de bouleau convenant à la fois aux grandes étendues d'eau et aux rivières. Le canot d'écorce de sept à neuf mètres, qui va en mer, avec son avant et son arrière arrondis distinctifs et ses plats-bords centraux élevés, est caractéristiquement mi'kmaq. Il était suffisamment fiable pour traverser le golfe du Saint-Laurent entre Terre-Neuve et le cap Breton, en Nouvelle-Écosse. Une version plus courte, de quatre à six mètres de longueur, était plus facile à manipuler et plus légère, et convenait particulièrement aux cours d'eau et aux baies côtières et estuaires protégés.

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Le canot beothuk de Terre-Neuve ressemble à celui des Mi'kmaqs, mais sa proue et sa poupe sont en pointe. Il était parfait pour naviguer sur l'océan ainsi que pour la pêche au large et la chasse aux oiseaux sur les îles.

Tout comme le canot mi'kmaq, le canot d'écorce beothuk pouvait affronter la haute mer et se rendre jusqu'à des îles au large à la recherche d'oiseaux et de mammifères marins. Les plats-bords élevés empêchaient l'embarcation de s'emplir d'eau quand on tirait des phoques et d'autres animaux hors de l'eau.

 

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Les Malécites qui vivaient à l'intérieur des terres ont conçu un canot d'écorce de bouleau léger et fuselé idéal pour franchir les cours d'eau, les portages et les lacs intérieurs. Ces canots ont été photographiés au XIXe siècle dans le nord du Nouveau-Brunswick.

Le canot malécite, que l'on manœuvrait avec des pagaies ou des perches, était léger, stable et idéal pour les cours d'eau et les lacs peu profonds du Nouveau-Brunswick et du Maine. Le rabat d'écorce protecteur, ou wulegessis, sur l'avant et l'arrière était un caractère distinctif. Il était souvent décoré d'une marque ou d'un symbole personnel du propriétaire ou du constructeur du canot. Nombre des canots de plaisance d'aujourd'hui s'inspirent de plans malécites.

La pêche dans les estuaires et les cours d'eau Les peuples autochtones de toutes les régions du Canada atlantique dépendaient beaucoup d'un vaste éventail de ressources ichtyques ou marines accessible toute l'année dans les estuaires côtiers et leurs affluents.

Un estuaire est la partie d'un fleuve où son courant rencontre la mer. Les marées affectent tant les fleuves que les estuaires salés, souvent loin de l'océan. À l'époque antérieure aux contacts et à l'époque historique, les endroits, en amont, où la marée commençait à se faire sentir étaient souvent l'emplacement de lieux de pêche, de campements ou de villages. Des endroits comme Red Bank, sur la rivière Miramichi, est de vivantes localités où la pêche demeure une importante activité saisonnière. Au lieu Oxbow, qui se trouve au point où la marée commence à se faire sentir, les saumons et les gaspareaux sont pêchés lors de leurs migrations saisonnières depuis des milliers d'années.

Un autre endroit de ce genre est Aucpac, village malécite d'époque historique situé juste en amont de Fredericton, sur le fleuve Saint-Jean. Autrefois important campement de pêche saisonnier, il se trouve à près de 100 km dans l'intérieur des terres, au point extrême où la marée se fait sentir. C'était également la limite en amont du frai du bar rayé, espèce d'eau salée qui ne remonte en amont qu'à la limite des marées. Lors de leur frai printanier, les bars rayés étaient capturés en grand nombre à la lance et au filet.

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Pendant des milliers d'années, les estuaires, comme celui de la rivière Tracadie dans le nord-est du Nouveau-Brunswick, ont été d'excellents lieux de pêche pour les Autochtones. Les Acadiens utilisent aujourd'hui ce piège à poissons pour l'anguille et le gaspareau.

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L'important site archéologique Oxbow, sur les bords de la rivière Miramichi du Nord-Ouest, dans le nord-est du Nouveau-Brunswick, a été pendant 3000 ans un lieu de pêche fréquenté par les Autochtones. Le nom traditionnel du site est Metepenagiag, et c'est là qu'habite aujourd'hui la Première nation mi'kmaq de Red River.

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Les fouilles effectuées sur le site Oxbow ont permis de découvrir diverses couches d'occupation descendant à une grande profondeur et couvrant 3000 ans. Les inondations saisonnières provoquent des amoncellements de sédiments limoneux responsables de l'étonnant effet de stries entre les divers niveaux d'occupation.

On trouvait communément des lagunes peu profondes protégées à l'entrée des estuaires à marées, par exemple le long de la côte est du Nouveau-Brunswick et du Cap Breton. Elles procuraient une autre source de poissons d'eau douce et d'eau salée abondants et facilement accessibles.

Des barrages faits de branches tressées étaient construits à travers les étroits chenaux d'estuaire pour attraper des poissons.

Les archéologues ont trouvé de nombreuses haches de pierre le long des rives des rivières et des estuaires. Elles servaient à tailler des perches et à fabriquer des pirogues.

On se servait largement de filets de fibres végétales et de tendons. Les vestiges en sont rares, mais des comptes rendus historiques en font la description et des chroniqueurs européens anciens en font mention.

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Les Malécites de la basse et de la moyenne rivière Saint-Jean se réunissaient traditionnellement en un important lieu de pêche, Aukpaque. Les bancs saisonniers de bars d'Amérique et de saumons effectuant leur montaison étaient une source essentielle de nourriture.

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Des étendues d'eau peu profondes et protégées, les barachois, qu'on trouve le long des côtes nord-est du Nouveau-Brunswick et du cap Breton, constituaient des lieux de pêche très poissonneux pour les Autochtones.

La vie de la marée : la zone intertidale Les nombreux rivages, baies et îles côtières protégés du Canada atlantique sont moins exposés aux éléments. Les secteurs côtiers connaissant de fortes marées tels que la baie de Fundy du Nouveau-Brunswick et de Nouvelle-Écosse étaient particulièrement riches en vie marine.

Les coquillages - ainsi que des aliments séchés et fumés - constituaient toute l'année une partie essentielle du régime autochtone sur ces côtes. On pouvait facilement ramasser à marée basse des mollusques et d'autres plantes et animaux comestibles qui constituaient une source importante de protéines pendant le long hiver.

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Diverses sortes de haches en pierre étaient utilisées pour fabriquer des pièges à poissons et d'autres objets associés à la pêche. Ces deux spécimens ont été trouvés dans l'estuaire de la Tracadie, au nord-est du Nouveau-Brunswick, et ont entre 800 et 3000 ans.

On jetait les coquilles, lesquelles, avec le temps, formaient de gros amas atteignant souvent plusieurs mètres de profondeur. On en trouve dans de nombreuses parties des Maritimes et de Nouvelle-Angleterre. Au Nouveau-Brunswick, la baie Passamaquoddy, où se produisent les marées les plus fortes du monde, contient des centaines de tels sites. Les couches multiples de sol et de coquilages de ces amas montrent que la région a été régulièrement fréquentée au moins au cours des 3000 dernières années. Les coquillages sont ceux de clams, d'huîtres, d'oursins, de modioles, de pétoncles, de moules bleues, de buccins, de patelles, de bigorneaux, de saxicaves et d'anatifes.

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Un archéologue examine un dépôt de coquillages sur le site archéologique de la baie Passamaquoddy au Nouveau Brunswick datant de la fin de la période pré-contact entre les Premières nations et les Européens.

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Cette photographie du XIXe siècle montre un campement de wigwams d'Algonquins de l'Est typique du Nouveau-Brunswick. (Photographe inconnu, publiée par J. &A. McMillan, Collection du Nouveau Brunswick.

Les amas de coquilles racontent une histoire complexe. Ces os, pierres, coquilles et morceaux de céramique nous révèlent l'âge du site ainsi que la saison où il était fréquenté. Ils nous fournissent aussi des indices sur le régime alimentaire des habitants ainsi que sur leur technologie et leurs activités quotidiennes. L'alcalinité élevée attribuable au calcium des coquilles crée un environnement unique préservant des matières organiques telles que les os d'animaux terrestres et marins ainsi que les outils jetés.

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Sur ce site archéologique de la baie Passamaquoddy, au Nouveau-Brunswick, on peut voir le tracé circulaire d'une maison d'hiver en terre vieille de 1500 ans. La maison est entourée d'amas de coquillages jetés

Les Autochtones façonnaient des bâtons de bois ou d'os pour creuser à la recherche de clams enfouis dans le sable. On emmenchait des outils sculptés affûtés sur un bâton et on s'en servait « à la manière d'une houe ».Des températures plus douces et un accès plus facile à la nourriture encourageaient les gens à s'installer sur la baie Passamaquoddy pendant les mois d'hiver. Les habitations étaient normalement du même type que les wigwams des Algonquins de l'Est, mais étaient plus solidement construites et enfoncées dans le sol pour être mieux protégées des éléments.

La rencontre de deux mondes Les contact des Européens avec les peuples autochtones aux XVe et XVIe siècles entraînèrent des changements sociaux, culturels et technologiques qui eurent des conséquences économiques et sociales irréversibles sur leur vie et les ressources ichtyologiques.

Malgré l'introduction d'articles commerciaux tels que des marmites de cuivre et des outils de fer à partir des XVe et XVIe siècles, les méthodes de pêche et le mode de vie traditionnels n'ont guère changé avant le XXe siècle. Toutefois, l'accessibilité de plus en plus limitée, voire l'inacessibilité totale, des lieux de pêche traditionnels, et la diminution de la mobilité en raison de la création des réserves, privèrent nombre de communautés amérindiennes de ressources de pêche. Ces changements forcèrent de nombreux hommes à mettre à profit leur connaissance de la chasse et de la pêche ainsi que de l'environnement naturel pour devenir guides pour les chasseurs et pêcheurs sportifs.

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Ces artefacts exhumés par des archéologues dans un site beothuk du XVIIIe siècle, au centre de Terre-Neuve, donne un aperçu de leur culture matérielle. La pierre était encore utilisée pour fabriquer les pointes de flèches, alors que les lances pour pêcher étaient confectionnées à partir de fer européen récupéré et recyclé. Des morceaux de céramique étaient perforés et utilisés comme boucles d'oreille.

Les Beothuks : la lutte pour la survie Bien que les Beothuks de Terre-Neuve fussent l'un des premiers groupes autochtones rencontrés par des Européens, il n'y eut guère d'interaction entre eux pendant plus de trois siècles.

Des objets faits de matières premières locales et européennes ont été exhumés dans une maison beothuk (mamateek) du milieu du XVIIIe siècle à Red Indian Lake, dans l'intérieur occidental de Terre-Neuve. Les Beothuks avaient récupéré des métaux jetés dans des campements de pêche et des villages non autochtones et les avaient retravaillés pour en faire des outils de pêche et de chasse traditionnels. À l'aide de marteaux de pierre et d'autres outils de pierre ou de métal, on avait découpé des morceaux de métal dans des lames de hache, des bouilloires et des objets tels que des charnières et des clous. En le martelant, en le découpant et en l'affûtant au moyen d'une pierre à aiguiser, on avait transformé le métal découpé en un assortiment d'instruments de style traditionnel soigneusement façonnés.

Les Beothuks constituent un exemple éloquent d'une culture en transition. L'interaction avec les marchands et les pêcheurs demeura dans une grande mesure empreinte d'hostilité jusqu'à la mort du dernier Beothuk connu en 1829.

Les pêches aujourd'hui : une ressource en crise Les ressources ichtyques dont ont vécu les communautés du Canada atlantique pendant des milliers d'années se sont amenuisées au cours des cinq derniers siècles et, dans certains cas, ont totalement disparu du fait de la surpêche. La concurrence pour des ressources maintenant rares a créé une crise croissante dans les pêches de l'Atlantique.

Depuis plus de dix ans, des groupes autochtones des quatre coins du Canada atlantique vivant dans les réserves ou hors de celles-ci participent activement avec divers ordres de gouvernement à l'élaboration de programmes de conservation et de gestion des stocks de poissons.

On trouve des exemples de ce partenariat dans de nombreuses communautés autochtones à travers le Canada atlantique. Par exemple, au Nouveau-Brunswick, au sein de la Première nation de Red Bank, des pêcheurs travaillent depuis plusieurs années à conserver, contrôler et gérer la pêche au saumon par le biais de programmes d'empoissonnement et de pêche.
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Les Premières nations mettent sur pied des programmes de conservation ingénieux et réussis partout dans le Canada Atlantique. Le village de Conne River, dans le sud de Terre-Neuve, utilise des méthodes de pêche tant traditionnelles que modernes pour préserver les stocks pour les générations futures.

Les Mi'kmaqs de la Première nation Miawpukek, à Conne River, dans le sud de Terre-Neuve, sont un autre exemple. Depuis le début des années 1990, les Miawpukek de Conne River ont mis en œuvre un plan de gestion des pêches qui réunit diverses initiatives, notamment d'amélioration de la conservation, de pêche, de protection et d'application des règlements. Aujourd'hui, à Conne River, les Miawpukek poursuivent leur tradition d'exploitation des ressources alimentaires de la mer grâce à ces initiatives.

Les poupées des premières Nations

Mon peuple a toujours fabriqué des poupées », de répondre un créateur de poupées autochtone quand on lui demande de raconter l'histoire de la confection des poupées chez les Premières Nations. Puisque ces poupées se composaient habituellement de matériaux naturels, tels le bois, le cuir, la fourrure et la spathe de maïs, qui se décomposent dans les climats tempérés, il en reste peu d'exemplaires.

Les poupées en épis et en spathes de maïs sont populaires chez les peuples des Six Nations de la région du lac Ontario qui cultivent le maïs. Les poupées en spathes de maïs, qui représentent des joueurs de crosse ou des danseurs de cerceau, sont un reflet de leur culture. Dès le XVIIIe siècle, les Algonquins fabriquent des poupées avec des têtes et des mains en cire d'abeille. Les peuples des Plaines créent des poupées en cuir et ornent leurs vêtements en cuir à franges de piquants de porc-épic. Après 1840, ils peuvent se procurer des perles européennes avec lesquelles ils remplacent les piquants.

On offre des poupées aux jeunes Montagnaises et Naskapies et on invite celles-ci à leur confectionner des vêtements pour affiner leurs talents pour la couture. Les poupées servent également de porte-bonheur, d'amulettes et de fétiches. Sur la côte ouest, les poupées salishs sont revêtues de couvertures que l'on décore de petits coquillages avant l'apparition des boutons. On obtient aussi par troc des poupées à tête de porcelaine. Après avoir parfois habillé les poupées de vêtements autochtones et les avoir déposées dans de petits porte-bébés, on les offre comme jouets aux enfants.

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Les poupées innuits de la préhistoire à nos jours

Les plus vieilles poupées trouvées au Canada ont été confectionnées, il y a environ mille ans, par les ancêtres des Inuit qui vivaient à Brooman Point sur l'île Bathurst. Les Inuit habitent l'Arctique depuis au moins deux mille ans; nous ne savons pas à quel moment de leur histoire ils ont commencé à confectionner des poupées, mais c'est certainement une tradition très ancienne.

On voit bien que ces minuscules poupées étaient des jouets. On pouvait les ranger dans une mitaine ou dans un capuchon et les transporter ainsi au gré des déplacements de la communauté en quête de nourriture. Les fillettes inuit apprenaient à couper et à coudre peaux et fourrures en fabriquant des poupées à jouer. Il fallait commencer à coudre dès l'enfance, car les vêtements chauds et imperméables étaient essentiels à la survie.

Les chasseurs inuit fixaient parfois une petite poupée à leur bateau comme porte-bonheur. Aujourd'hui, les poupées inuit sont fabriquées pour les collectionneurs et les touristes. Elles sont habituellement beaucoup plus grandes et comportent des matériaux modernes.

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Les poupées des colons confectionnées à la maison

L'étude des poupées des colons met en lumière la riche histoire des premiers pionniers canadiens. Les origines ethniques des colons, leur créativité, leur statut socio-économique, et les ressources dont ils disposent contribuent à la grande variété des poupées de l'époque.

La poupée confectionnée à partir d'une partie d'arbre est l'une des poupées les plus simples. On choisit un bout de racine ou de branche dans lequel on reconnaît une forme humaine. On y peint ou on y sculpte grossièrement un visage, puis on emmaillote le « bébé ». On utilise aussi des cuillères en bois sur le dos desquelles on peint le visage de la poupée. Pour les enfants plus âgés, on crée parfois des poupées en bois sculptées plus raffinées avec des bras et des jambes articulés.

La beauté et la résistance des poupées en tissu dépendent du talent des parents qui les fabriquent. Certaines ont de beaux visages brodés, d'autres des traits peints. Leurs cheveux sont humains ou en laine, et leurs vêtements rappellent ceux des enfants.

Le bonhomme danseur a la faveur tant des filles que des garçons. Son corps en bois est articulé aux chevilles, aux genoux, aux hanches, aux épaules et aux coudes, et on peut le faire danser à l'aide d'un bâton inséré dans son dos. Il faut beaucoup de talent pour faire bouger la poupée au rythme de la musique ou d'une chanson. C'est une des façons de se divertir avant la naissance de la télévision.

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22/11/2013
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